Choisir un entrepreneur en maçonnerie à Montréal, c’est rarement une décision qu’on prend à tête reposée. La façade du triplex montre une fissure en escalier, un joint de mortier tombe en poussière sous le doigt, ou la brique d’un plex de Villeray commence à bomber. On appelle trois numéros trouvés en ligne, on reçoit trois prix qui vont du simple au triple, et on se demande lequel dit vrai. Mis à jour en septembre 2026, ce guide passe en revue les vérifications qui séparent un briqueteur sérieux d’un chantier qu’on regrette.
Le parc résidentiel montréalais rend la question plus sensible qu’ailleurs : des dizaines de milliers de duplex et de triplex construits entre 1900 et 1960, souvent en brique d’argile (la fameuse brique Laprairie sur le Plateau, à Rosemont ou dans Villeray), avec des joints de chaux qu’un mortier moderne trop dur peut abîmer en quelques hivers. Un mauvais choix ne se voit pas à la livraison : il se voit trois ou quatre cycles de gel-dégel plus tard.
En bref : vérifiez d’abord la licence RBQ de l’entreprise (sous-catégorie 4.1 ou 4.2 selon le type de travaux) sur le registre en ligne de la Régie du bâtiment du Québec, exigez une soumission écrite qui nomme le type de brique et le type de mortier, comparez au moins 3 soumissions, refusez tout acompte supérieur à 25 % et assurez-vous que le contrat précise une garantie écrite. Le Code civil du Québec ajoute de son côté une garantie légale de 1 an contre les malfaçons (art. 2120) et de 5 ans contre la perte de l’ouvrage (art. 2118).
Licence RBQ : le premier critère pour choisir un entrepreneur en maçonnerie à Montréal
Au Québec, toute personne qui exécute ou fait exécuter des travaux de construction pour autrui doit détenir une licence de la Régie du bâtiment du Québec (RBQ), sans seuil de montant : la Loi sur le bâtiment ne prévoit pas d’exception pour les « petits » contrats. Réparer une allège, rejointoyer une façade, reconstruire une cheminée ou reprendre un mur porteur en brique entre dans cette définition. Un maçon qui travaille sans licence s’expose à des amendes prévues par la loi, et le propriétaire se retrouve sans recours structuré si les travaux tournent mal.
La vérification prend deux minutes et ne coûte rien : le Registre des détenteurs de licence de la RBQ (rbq.gouv.qc.ca) permet de chercher une entreprise par nom ou par numéro de licence. On y voit si la licence est en vigueur, si elle a été suspendue ou restreinte, et quelles sous-catégories elle couvre. Un entrepreneur sérieux affiche son numéro de licence sur sa soumission, son site web et souvent sur son camion.
Quelle sous-catégorie de licence couvre la maçonnerie ?
Deux sous-catégories de licence d’entrepreneur spécialisé concernent directement la brique et la pierre, selon les annexes du Règlement sur la qualification professionnelle des entrepreneurs de la RBQ :
- 4.1 – Entrepreneur en structures de maçonnerie (annexe II) : murs porteurs, parements structuraux, reprise de maçonnerie qui participe à la tenue du bâtiment.
- 4.2 – Entrepreneur en maçonnerie non structurale, marbre et céramique (annexe III) : parements non porteurs, placages de pierre, finitions.
Un entrepreneur général (sous-catégories 1.x) peut aussi faire exécuter ces travaux, à condition de les confier à un sous-traitant qui détient lui-même la bonne sous-catégorie. Pour une réparation de façade qui touche des linteaux, des ancrages ou un mur porteur, c’est la 4.1 qu’il faut voir apparaître sur le registre. Si la sous-catégorie ne correspond pas aux travaux demandés, la question mérite d’être posée avant de signer, pas après.
Licence RBQ et carte CCQ : deux choses différentes
La licence RBQ concerne l’entreprise. La carte de compétence de la Commission de la construction du Québec (CCQ) concerne la personne qui pose la brique : le métier de briqueteur-maçon est un métier réglementé, et sur un chantier assujetti à la Loi R-20, les ouvriers doivent détenir un certificat de compétence (apprenti ou compagnon). Demander qui sera physiquement sur l’échafaud, et s’il s’agit d’employés déclarés de l’entreprise, évite de découvrir le jour 1 une équipe qui n’a rien à voir avec celle qui a signé la soumission.
Quels sont les signaux d’alarme à repérer chez un maçon ?
Les signaux d’alarme les plus fiables sont le paiement comptant exigé d’avance, l’absence de soumission écrite et la pression à signer vite. La maçonnerie résidentielle à Montréal attire chaque printemps son lot de travailleurs non déclarés et d’entreprises éphémères : la demande est forte, la saison est courte et le propriétaire est souvent pressé par l’état de sa façade.
Paiement comptant exigé à l’avance
Une entreprise établie ne demande jamais la totalité du montant avant de commencer. La pratique courante prévoit un acompte de 10 à 25 % à la signature, des versements liés à l’avancement (échafaudage monté, démontage terminé, brique posée), puis le solde à la réception des travaux. Une demande de 50 % ou plus « en cash, sans facture » signale au minimum une entreprise qui ne déclare pas ses revenus, et au pire un chantier qui ne sera jamais terminé. Sans facture, aucun recours devant l’Office de la protection du consommateur ni aux petites créances n’est réaliste.
Absence de soumission écrite détaillée
La soumission écrite est la seule preuve de ce qui a été convenu. Elle doit décrire les travaux (surface en pieds carrés, nombre de briques à remplacer, profondeur de dégarnissage des joints, méthode), nommer les matériaux (type de brique, type de mortier, couleur du joint), indiquer le prix avant et après taxes, le délai d’exécution, les modalités de paiement et la garantie. Un prix griffonné sur une carte d’affaires ou un « ça va tourner autour de » par texto n’engage personne, surtout pas l’entrepreneur.
Pression à signer rapidement
« Le prix est bon seulement aujourd’hui », « l’équipe est libre cette semaine seulement », « il faut absolument faire ça avant le gel » : ces formules servent à court-circuiter la comparaison. Un mur qui bombe (le ventre-de-bœuf) ou un linteau qui fléchit demande une intervention rapide, c’est vrai, mais rapide veut dire quelques semaines, pas 24 heures. Le temps de recevoir trois soumissions existe presque toujours.
Aucune référence vérifiable, aucune adresse
Un briqueteur qui travaille depuis dix ans dans Rosemont ou à Montréal-Nord peut donner l’adresse de façades refaites l’an dernier : on peut aller les voir sans déranger personne. L’inscription au Registraire des entreprises du Québec (registreentreprises.gouv.qc.ca) confirme de son côté que l’entreprise existe, depuis quand, et qui la dirige. Une entreprise immatriculée il y a trois mois avec une licence toute neuve n’est pas forcément mauvaise, mais elle n’a pas encore d’historique à montrer.
Comment comparer trois soumissions de maçonnerie qui ne disent pas la même chose ?
Trois soumissions se comparent poste par poste, jamais sur le total. Le montant le plus bas cache souvent une surface plus petite, un dégarnissage moins profond ou un mortier prémélangé générique ; le plus élevé inclut parfois un échafaudage complet et le remplacement de briques que les autres proposent seulement de « stabiliser ». Tant que les trois documents ne décrivent pas exactement le même travail, le prix ne veut rien dire.
Le type de brique et le type de mortier
Sur un triplex de 1925 dans Villeray ou La Petite-Patrie, la brique d’origine est une brique d’argile tendre. La remplacer par une brique de béton ou la rejointoyer avec un mortier de type S (très résistant, très rigide) est une erreur classique : le mortier devient plus dur que la brique, l’eau qui gèle cherche le point faible, et c’est la brique qui éclate. Pour une réparation de brique sur ce type de bâti, la norme CSA A179 oriente vers un mortier de type N ou O, plus souple, parfois à base de chaux. Une soumission qui se contente d’écrire « rejointoiement » sans nommer le mortier doit être complétée par écrit avant signature.
Le même raisonnement vaut pour le rejointoiement : la profondeur de dégarnissage (au moins 2 à 2,5 fois la largeur du joint, soit généralement 20 à 25 mm) et le nombre de passes changent la durée de vie du résultat. Bien fait, un rejointoiement tient 20 à 30 ans à Montréal ; bâclé en surface, il se décolle en deux ou trois hivers.
La garantie : ce que la loi impose et ce que l’entrepreneur ajoute
Le Code civil du Québec protège le client de deux façons, sans qu’il ait besoin de le négocier : l’article 2120 impose à l’entrepreneur une garantie d’un an contre les malfaçons, et l’article 2118 le tient responsable pendant cinq ans de la perte de l’ouvrage due à un vice de conception, de construction ou de réalisation. Au-delà de ces minimums légaux, c’est la garantie contractuelle inscrite sur la soumission qui compte : durée, ce qu’elle couvre (main-d’œuvre seulement, ou matériaux aussi), et ce qui l’annule. Une garantie de 5 ans promise à l’oral par une entreprise fondée l’an dernier vaut moins qu’une garantie de 2 ans écrite par une entreprise qui existe depuis quinze ans.
Faut-il un permis de l’arrondissement pour des travaux de maçonnerie ?
Un permis est requis dès que les travaux modifient l’apparence ou la structure de la façade ; l’entretien courant en est généralement dispensé. À Montréal, ce sont les arrondissements qui délivrent les permis de transformation et qui appliquent leur propre règlement d’urbanisme. Rejointoyer à l’identique un mur existant relève de l’entretien dans la plupart des arrondissements ; remplacer un parement complet, changer de matériau, agrandir une ouverture ou toucher à un linteau demande un permis, avec des frais et des délais qui varient d’un arrondissement à l’autre.
Le Plateau-Mont-Royal et Ville-Marie (secteur Vieux-Montréal) sont les cas les plus stricts : dans les secteurs de valeur patrimoniale, le remplacement de brique doit respecter le format, la couleur et l’appareillage d’origine, et une brique de béton grise sur une façade Laprairie rouge sera refusée. Un entrepreneur qui travaille régulièrement dans ces arrondissements sait de quoi il parle quand il vous dit « ça va passer » ou « ça ne passera pas » ; celui qui balaie la question d’un « personne ne vérifie » vous expose, vous, à un avis de non-conformité et à des travaux correctifs à vos frais.
Checklist 2026 : 10 points à valider avant de signer avec un entrepreneur en maçonnerie
- Licence RBQ en vigueur sur le registre officiel, avec la sous-catégorie 4.1 ou 4.2 selon les travaux.
- Entreprise immatriculée au Registraire des entreprises du Québec, avec un historique cohérent.
- Preuve d’assurance responsabilité civile (et couverture CNESST pour les employés sur le chantier).
- Ouvriers détenteurs d’un certificat de compétence CCQ en briquetage-maçonnerie, employés déclarés de l’entreprise.
- Au moins 3 soumissions écrites décrivant les mêmes travaux, poste par poste.
- Type de brique et type de mortier nommés par écrit, adaptés à l’époque du bâtiment.
- Profondeur de dégarnissage et méthode précisées pour tout rejointoiement.
- Acompte de 25 % maximum, versements liés à l’avancement, solde à la réception.
- Garantie contractuelle écrite (durée, couverture), en plus des garanties légales des articles 2118 et 2120 du Code civil.
- Question du permis d’arrondissement réglée avant le début du chantier, par écrit dans la soumission.
Questions fréquentes sur le choix d’un entrepreneur en maçonnerie à Montréal
Est-ce que tous les maçons au Québec doivent avoir une licence RBQ ?
Oui. Toute entreprise ou personne qui réalise des travaux de construction pour un client doit détenir une licence RBQ, peu importe le montant du contrat. Les seules exceptions prévues par la Loi sur le bâtiment visent des cas particuliers (certains organismes publics, constructeurs-propriétaires exemptés), pas les petits contrats résidentiels.
Comment vérifier la licence RBQ d’un maçon en ligne ?
Sur rbq.gouv.qc.ca, la section « Vérifier une licence » donne accès au Registre des détenteurs de licence. Une recherche par nom d’entreprise ou par numéro affiche le statut de la licence (en vigueur, suspendue, annulée), les sous-catégories couvertes et les restrictions éventuelles. Le numéro qui figure sur la soumission doit correspondre exactement à celui du registre.
Quel acompte est normal pour des travaux de maçonnerie ?
Entre 10 et 25 % du montant à la signature, rarement plus. Cet acompte couvre la réservation des dates et la commande de matériaux. Les versements suivants sont liés à des étapes visibles du chantier, et le dernier paiement se fait après une inspection finale avec l’entrepreneur.
Peut-on faire des travaux de maçonnerie l’hiver à Montréal ?
Le mortier a besoin de rester au-dessus de 5 °C pendant sa prise, ce qui impose des abris chauffés et des adjuvants sous le point de congélation. C’est faisable pour une urgence (linteau qui cède, ventre-de-bœuf dangereux), mais plus coûteux et plus risqué pour la durabilité. La saison normale des façades s’étend d’avril à novembre, avec un pic de demande en mai-juin et en septembre.
Quelle garantie exiger sur des travaux de rejointoiement ?
Au minimum les garanties légales du Code civil (1 an contre les malfaçons, 5 ans contre la perte de l’ouvrage), qui s’appliquent d’office. En pratique, une garantie contractuelle écrite de 2 à 5 ans sur la main-d’œuvre est courante chez les entreprises établies pour un rejointoiement complet ; une garantie plus courte sur une réparation ponctuelle n’est pas anormale.
Que faire si les travaux sont mal faits ?
Documenter (photos datées, soumission, factures), envoyer une mise en demeure écrite à l’entrepreneur en lui laissant un délai raisonnable pour corriger, puis, sans réponse, déposer une plainte à la RBQ et, selon le montant, une réclamation à la Division des petites créances (jusqu’à 15 000 $ en 2026). Une entreprise licenciée et immatriculée a beaucoup plus à perdre qu’un travailleur payé comptant, et c’est précisément ce qui rend les vérifications du départ payantes.
Bien choisir un entrepreneur en maçonnerie à Montréal tient finalement à quatre réflexes : consulter le registre de la RBQ, lire la soumission ligne par ligne, refuser le comptant d’avance et poser la question du permis. Sur une façade de brique centenaire, ces vérifications pèsent plus lourd que le prix affiché, parce que le vrai coût d’un chantier raté ne se voit qu’au troisième hiver.
José
Maçon qualifiéJe suis maçon qualifié et certifié à Montréal, avec plus de 20 ans d’expérience en maçonnerie résidentielle et commerciale. Spécialisé dans les travaux de brique, les réparations, la rénovation intérieure et la construction de bâtiments de A à Z avec mon équipe.








