Votre façade montre des joints effrités, des briques fissurées ou noircies, et vous vous demandez si un simple rejointoiement suffira — ou s’il faudra remplacer les briques abîmées. C’est la question que posent la majorité des propriétaires montréalais avant de faire appel à un maçon. Mis à jour mai 2026, cet article vous donne les critères précis pour trancher sans dépenser inutilement.
Le rejointoiement ou remplacement de brique n’a pas la même réponse selon l’état de votre maçonnerie, l’année de construction de votre bâtiment et l’exposition de la façade. Un diagnostic mal posé coûte entre 3 000 $ et 15 000 $ d’erreur : voici comment éviter de payer deux fois.
En bref : un rejointoiement complet coûte entre 8 $ et 18 $/pi² en 2026 et dure 25 à 40 ans si le mortier est bien choisi. Le remplacement de brique s’impose quand les briques présentent de la spallation (éclatement), des fissures traversantes ou une absorption d’eau supérieure à 12 % (test de la bouteille). Sur un duplex montréalais typique, 80 à 85 % des façades nécessitent uniquement du rejointoiement ; les 15 à 20 % restants combinent les deux travaux. Exigez un entrepreneur certifié RBQ et, pour les bâtiments d’avant 1930, un membre de l’Association des maîtres maçons du Québec (AMMQ).
Comment distinguer un joint usé d’une brique endommagée ?
La différence fondamentale : le mortier est consommable, la brique est structurelle. Un joint peut se creuser jusqu’à 15 mm sans compromettre le mur — il suffit alors de le remplacer. La brique, elle, est censée durer 75 à 150 ans. Quand elle commence à se dégrader, c’est souvent le signe d’un problème plus profond.
Voici les signes qui indiquent que le rejointoiement seul suffira :
- Joints enfoncés de plus de 6 mm, poudreux ou décollés de la brique
- Légères efflorescences blanches (dépôts de sel) sur les joints mais pas sur la brique elle-même
- Quelques fissures capillaires (< 1 mm) suivant les joints sans traverser la brique
- Brique encore dure, sans écaillage ni cloquage visible à la surface
Les signes qui imposent un remplacement de brique (partiel ou complet) :
- Spallation : la face de la brique s’écaille en feuillets — le gel a pénétré dans la porosité et fait éclater la surface
- Fissure traversante : la fissure coupe la brique de part en part, pas seulement le joint
- Brique creuse au marteau : un son creux indique un décollement interne ou une brique cuite insuffisamment
- Absorption excessive : versez 250 ml d’eau sur la brique ; si elle est absorbée en moins de 3 minutes, la porosité est critique
- Ventre-de-bœuf : le mur bombe — ancrage des pattes de métal rompu, risque structurel immédiat
Rejointoiement : dans quels cas est-ce la bonne solution ?
Le rejointoiement est la bonne solution quand la brique elle-même est saine et que seul le liant entre les rangs s’est dégradé. C’est le cas le plus fréquent sur les plex montréalais construits entre 1910 et 1960 : la brique d’argile dense de cette époque résiste bien au gel, mais le mortier à base de chaux utilisé à l’origine se carbonise progressivement sur 40 à 60 ans.
Choix du mortier : type N, O ou S ?
Le choix du mortier est crucial. Un mortier trop rigide (type S ou M) sur une brique d’époque force les contraintes thermiques à traverser la brique plutôt que les joints — et provoque exactement la spallation qu’on cherchait à éviter. La norme CAN/CSA A371-14 (Maçonnerie des bâtiments) précise les résistances minimales selon le type de construction :
| Type de mortier | Résistance (psi) | Usage recommandé |
|---|---|---|
| Type N | 750 psi | Façades résidentielles, brique d’argile pré-1960 |
| Type S | 1 800 psi | Sous-sol, murs de fondation, brique moderne |
| Type O | 350 psi | Maçonnerie patrimoniale (avant 1930), pierre |
Sur un triplex du Plateau ou de Rosemont construit avant 1930, exigez systématiquement un mortier type O ou à base de chaux hydraulique naturelle (NHL 3.5 ou NHL 5). Un maçon qui propose du type S sur une façade patrimoniale ne connaît pas les spécificités de la brique ancienne.
Profondeur de préparation des joints
Un rejointoiement professionnel exige de scarifier les joints sur une profondeur minimale de 19 mm (¾ po) avant de les remplir. Cette étape est souvent bâclée par les équipes peu expérimentées qui se contentent de couvrir l’ancien mortier — un rejointoiement superficiel tient 3 à 5 ans au lieu de 25 à 40 ans. Vérifiez sur votre devis que la profondeur de scarification est explicitement mentionnée.
Remplacement de brique : quand le rejointoiement ne suffit plus ?
Le remplacement s’impose dès qu’une brique a perdu son intégrité structurelle ou sa capacité à repousser l’eau. Sur les façades des années 1970-1980 à Laval ou dans les banlieues de Montréal, on trouve souvent des briques de béton ou de shale moins denses qui absorbent davantage le gel et exigent un remplacement partiel tous les 20 à 30 ans.
Remplacement partiel vs remplacement total
Le remplacement partiel (quelques rangs ou une zone précise) représente 60 à 70 % des interventions. Le remplacement total de façade est rare sauf en cas de dommages structuraux ou de changement de parement. Coûts moyens en 2026 à Montréal :
- Remplacement de 10 à 20 briques isolées : 800 $ à 2 000 $ (main-d’œuvre + matériaux)
- Remplacement d’un rang complet (10 pi linéaires) : 600 $ à 1 200 $
- Rejointoiement + remplacement partiel combinés (façade avant d’un duplex, ~200 pi²) : 3 500 $ à 7 000 $
- Remplacement complet de façade (rare) : 18 000 $ à 45 000 $ selon hauteur et superficie
Trouver la brique de remplacement assortie
C’est souvent la difficulté principale d’un remplacement partiel. La brique Laprairie, très répandue sur les duplex et triplex construits entre 1920 et 1950 dans le Grand Montréal, est encore disponible chez certains fournisseurs spécialisés. Votre maçon doit présenter un ou deux échantillons avant de commander : la teinte, la texture et la porosité doivent correspondre au lot d’origine, surtout en façade principale. Un désaccord visuel dévalue l’immeuble et complique les futures ventes.
Peut-on faire les deux en même temps — et est-ce rentable ?
Oui, et c’est même recommandé dans la majorité des cas : pendant que l’équipe échafaude et scarifie, le surcoût pour remplacer quelques briques abîmées est marginal (main-d’œuvre déjà mobilisée). Faire les deux en deux passages distincts coûte 30 à 50 % plus cher à cause des frais de remobilisation et d’échafaudage.
Règle pratique : si vous trouvez plus de 8 à 10 % de briques endommagées sur une surface, demandez un devis combiné rejointoiement + remplacement. En dessous de 5 %, un simple rejointoiement suffit pour stabiliser l’ensemble sur 25 ans.
Comment vérifier la certification d’un maçon avant de signer ?
Tout entrepreneur qui effectue des travaux de maçonnerie au Québec doit détenir une licence RBQ active en sous-catégorie 1.5.1 (maçonnerie et briquetage). Vérifiez gratuitement sur le site de la Régie du bâtiment du Québec (rbq.gouv.qc.ca) en entrant le numéro de licence fourni sur le devis. Un entrepreneur sans licence RBQ vous expose à des poursuites si un accident survient sur votre propriété, et votre assurance habitation peut refuser d’indemniser les dommages consécutifs.
Pour les travaux sur bâtiments patrimoniaux ou pour un rejointoiement à la chaux, privilégiez un membre de l’Association des maîtres maçons du Québec (AMMQ) ou de la Corporation des maîtres maçons briqueteurs du Québec (CMMBQ). Ces organismes exigent un minimum d’années d’expérience et des références vérifiables.
L’équipe ZEOR spécialisée en réparation de brique à Montréal détient la licence RBQ requise et intervient sur tous les types de maçonnerie résidentielle. Pour les travaux de maçonnerie à Laval, les délais de mobilisation sont comparables à Montréal. Consultez également notre section réparation de ventre-de-bœuf à Montréal si la façade présente un bombement visible.
Questions fréquentes sur le rejointoiement et le remplacement de brique
Combien de temps dure un rejointoiement professionnel ?
Un rejointoiement réalisé avec le bon mortier (type N ou O selon l’époque) et une scarification à 19 mm de profondeur dure entre 25 et 40 ans dans les conditions climatiques de Montréal. Un rejointoiement superficiel ou avec un mortier trop rigide peut se dégrader en 5 à 10 ans.
À quelle période de l’année faut-il planifier ces travaux ?
La saison idéale pour le rejointoiement est de mai à octobre, quand la température nocturne reste au-dessus de 5 °C. Le mortier frais a besoin de 28 jours de cure sans gel pour atteindre sa résistance nominale. Les interventions d’urgence en hiver sont possibles mais exigent des tentes chauffées et majorent le coût de 20 à 35 %.
Est-ce qu’un permis est nécessaire pour remplacer des briques ?
Dans la plupart des arrondissements de Montréal, un remplacement de brique limité (moins de 25 % de la surface de façade) ne nécessite pas de permis. Au-delà, ou pour les bâtiments situés dans un secteur patrimonial (Plateau, Outremont, Vieux-Montréal), une autorisation de l’arrondissement est obligatoire. Vérifiez toujours auprès de votre arrondissement avant de signer le contrat : des pénalités allant jusqu’à 15 000 $ sont prévues par la Charte de la Ville de Montréal pour des travaux non conformes.
Comment obtenir une soumission honnête pour ces travaux ?
Demandez au minimum deux soumissions détaillées qui précisent : la profondeur de scarification, le type de mortier proposé, le nombre de briques à remplacer avec photos à l’appui, et la durée estimée de la garantie de main-d’œuvre. Méfiez-vous des soumissions sans visite préalable ou sans mention du numéro de licence RBQ.
Quelle est la différence entre rejointoiement et tuckpointing ?
Le tuckpointing est une technique de rejointoiement de finition d’origine anglaise qui utilise deux teintes de mortier pour simuler des joints fins sur de la brique grossière. Il est surtout décoratif et plus coûteux que le rejointoiement standard. Pour une façade fonctionnelle à Montréal, un rejointoiement classique avec mortier adapté est suffisant et plus durable.
Peut-on peindre sur de la brique après un rejointoiement ?
Il est fortement déconseillé de peindre sur de la brique, qu’elle soit neuve ou rejointoyée. La peinture emprisonne l’humidité derrière la surface et accélère la spallation, surtout au Québec où les cycles de gel-dégel sont intenses. Si vous cherchez à uniformiser l’apparence, optez plutôt pour une teinture à base d’eau respirante (type Masonry Stain) appliquée par un professionnel.
Vous souhaitez savoir si votre façade nécessite un rejointoiement, un remplacement partiel ou les deux ? L’équipe ZEOR évalue aussi les cheminées en brique à Montréal. Contactez-nous pour une visite d’évaluation et un devis détaillé — nous intervenons à Montréal, Laval (briqueteur certifié) et dans les environs.
José
Maçon qualifiéJe suis maçon qualifié et certifié à Montréal, avec plus de 20 ans d’expérience en maçonnerie résidentielle et commerciale. Spécialisé dans les travaux de brique, les réparations, la rénovation intérieure et la construction de bâtiments de A à Z avec mon équipe.








